11 - Nouveautés été 2013

Ne-devient-jamais-vieux.jpgSix-femmes-au-foot.jpgLe-peintre-d-eventail.jpgSweetwater.jpgImmortelle-randonnee.jpgComment-j-ai-cuisine.jpg

 

 

Il n'y a qu'une façon d'aimer - Monique Barbey

Monique Bierens de Haan – née Barbey – est suisse, mariée à un Hollandais, dont elle aura cinq enfants. Ceux-ci l’ont connue telle qu’elle s’affichait : belle, conquérante, déterminée, voire extravagante malgré son rigorisme. À sa mort en 1994, ils découvrent le journal intime qu’elle tint sa vie durant. C’est celui d’une femme prise dans les contradictions de ses propres exigences. Rétive aux conventions de son milieu, elle reste jusque dans ses révoltes, fidèle à l’ardent calvinisme qu’elle a hérité de sa mère.
Au cœur de son existence : la passion violente qu’elle éprouva pour le général Pierre Koenig – le héros de Bir Hakeim – rencontré lors d’une réception à Londres en juillet 1944. La jeune femme a 34 ans, Le coup de foudre est réciproque. Mais l’amour semble impossible : la guerre, la Libération puis la reconstruction de l’Europe ne cessent de séparer puis de réunir Monique et son héros.
Peu à peu, elle accepte l’inaccompli. De son fait et de celui de Pierre, son désir n’aboutira pas. Pour ne pas sombrer, elle s’appuie plus que jamais sur son journal intime. D’une réalité interdite elle tente de faire un imaginaire fulgurant. D’un échec amoureux, elle veut tirer un grand roman. Le roman ne verra jamais le jour, mais son journal en est l’ébauche. À l’heure où Simone de Beauvoir signe Le deuxième sexe, Monique ne rompt pas avec le rôle d’épouse, de mère et de notable qui lui est assigné. Elle ne se résigne pas pour autant. Elle est en constante résistance. 

 

 

Sweetwater - Roxana Robinson
 

Au cœur des monts Adirondack, au nord-est de l’Etat de New-York, connus pour la richesse et la variété de leur faune, Paul et Isabel Simmons, mariés depuis quelques mois, viennent passer l’été. Ils s’installent en bordure d’un lac paisible qui donne sur le pavillon familial, Sweetwater. Là, tous deux tentent de se reconstruire. Isabel, meurtrie par la perte de son premier mari, ne se berce pas trop d’illusions et nourrit juste l’espoir de ne pas vieillir seule auprès de Paul qui, lui, se remet peu à peu d’un douloureux divorce. Le couple se ressoude au contact de la nature et de la famille de Paul : de son père Douglas, homme affable, qui règne en patriarche, de sa mère Charlotte, impériale, désinvolte et de son frère Whitney, aimable et laconique, étrangement resté célibataire. Pourtant, ce fragile équilibre va progressivement se fissurer jusqu’à faire éclater au grand jour les failles de chacun. Le drame approche,inéluctable. 
Un beau roman réaliste et psychologique qui questionne les délicats mécanismes du bonheur familial.

Pour trois couronnes - François Garde

 

Dans le bureau de feu Thomas Colbert, un magnat du commerce maritime, Philippe Zafar, le jeune préposé au classement des archives, découvre un bref texte manuscrit, fort compromettant pour celui qui s’en avérerait l’auteur. 
Aveux déguisés du défunt? Exercice littéraire sans conséquence? Philippe Zafar se lance dans une enquête qui va vite prendre une dimension à laquelle rien ne l'avait préparé. 
On retrouve dans ce roman d’aventures, déployé sur un siècle et trois continents – de l’Amérique du Nord aux tropiques –, l’écriture vive et talentueuse de François Garde dont le précédent livre, Ce qu’il advint du sauvage blanc, a été récompensé par huit prix littéraires, parmi lesquels le prix Goncourt du premier roman.

 

Immortelle randonnée - Jean-Christophe Rufin

Nul désir mystique en effet chez l'ex-Prix Goncourt 2001 (Rouge Brésil). Plus philosophe ironique à la Diderot que lyrique croyant à la Péguy, Rufin croque avec dérision les pittoresques sensations de son long cheminement — la radinerie, la saleté, l'obsession des ampoules aux pieds ou des ronfleurs du prochain gîte qui menacent tout pèlerin — et de savoureux portraits de ces compagnons, qu'ils cherchent Dieu ou le sexe sur la route. Mais le chemin finit bientôt par hanter celui qui s'y était nonchalamment embarqué. « En partant pour Saint-Jacques je ne cherchais rien et je l'ai trouvé. » Par-delà toute spiritualité, c'est un lancinant apprentissage du vide qu'a vécu le marcheur. Et un vide qui conduit au plein. En témoignent les lumineuses réflexions — sur la religion, l'histoire, la politique même — qui ponctuent son odyssée et éclairent ici la lecture d'un éclat vif. Drôle, brillant, généreux mais sans concession, cet étonnant carnet de route ne donne qu'une envie : tenter aussi l'aventure de Compostelle. Vite.

 

Six femmes au foot - Luigi Carletti

La foule est dense et fébrile, le bruit assourdissant, l’ambiance lourde d’attente. Le match opposant les deux clubs milanais rivaux, le Milan AC et l’Inter, est un des grands événements de la saison. Alors que, sur le terrain, les deux équipes s’échauffent, les supporters exhortent leurs idoles avec ardeur. Dans la cohue, il y a aussi des femmes. La plupart se contentent d’accompagner leur mari par devoir. D’autres sont là par passion. Mais certaines ne sont pas venues pour voir le match. Elles ont une mission à accomplir, un compte à régler, un homme à guetter, à démasquer, à tuer peut-être. Déterminées, elles attendent… 
Ce stade en transe est à l’image de l’Italie d’aujourd’hui : machisme vacillant, immigration mal digérée, showbiz omniprésent, magouilles inévitables… et humour à revendre.

 

 

 

 

 

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Le matériel du tueur

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Gianni BIONDILLO

Pourquoi un détenu, petit délinquant apparemment sans histoire, est-il libéré dans des conditions particulièrement sanglantes par un commando mafieux ? La commissaire d’une unité d’élite, Elena Rinaldi, se lance à ses trousses, assistée de mauvaise grâce par l’inspecteur Ferraro, un de ses ex. Avec l’aide de Lanza, hurluberlu génial de l’Agence européenne, ils découvrent qu’ils pourchassent en réalité un tueur redoutable, échappé des brûlantes brousses d’Afrique et des camions du trafic d’esclaves. Il poursuit seul une vengeance implacable et toute personnelle. Haile l’Érythréen a tout pour inquiéter : l’anonymat, la cruauté, l’intelligence et une volonté de fer, spartiate, militaire. Le matériel du tueur.
Gianni Biondillo, maître du roman noir, nous emmène dans un road-movie haletant, d’un bout à l’autre d’une Italie violente, nerveuse, divisée, pétrie de peurs anciennes et nouvelles, accablée par un ciel de plomb, où défile toute une humanité improbable mais bien réelle.
Le lecteur se laisse emporter, étourdi et reconnaissant.


Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour - S.G. Browne

Andy vit en paria depuis sa résurrection spontanée après un accident de voiture. Ce nouveau zombie n’a pour morne horizon que le cellier familial, où il cuve les grands crus de son père, et ses réunions mensuelles aux Morts-Vivants Anonymes.
Mais lorsqu’un zombie solitaire l’initie aux bienfaits régénérateurs de la chair humaine, Andy décide de lutter pour ses droits civiques. Débute alors un voyage improbable qui le mènera de la morgue au rôle très médiatisé de porte-parole de la cause zombie, en passant par des séjours à la SPA reconvertie dans l’accueil de zombies fugueurs et aux plateaux d’Oprah Winfrey.

Sombrement drôle, étrangement touchante et suffisamment gore, l’odyssée du premier mort-vivant contestataire de l’Histoire vous fera probablement rire. Mais auparavant, vous devrez faire  connaissance avec tous les amis d’Andy… Une petite merveille d’humour et d’horreur !

Le linguiste était presque parfait – David Carkeed

On traite le séduisant linguiste Jeremy Cook de trou-du-cul devant l’une de ses charmantes assistantes, et tout fout le camp! D’autant que l’un de ses collègues de l’institut d’étude du langage des nourrissons, un individu discret et obsédé par l’étrange notion de « contre-amitié », vient d’être assassiné. Du jour au lendemain, Jeremy va devoir élucider un meurtre, rédiger une conférence dont l’intitulé change tous les matins, faire le joli cœur et, plus important encore, découvrir – grâce à la linguistique et à quelques coups tordus – d’où sortent ces foutues rumeurs sur lui. Qui a dit que la vie d’un linguiste était un long fleuve tranquille ?

David Carkeet crée un monde d’extravagances et d’antipathies, où se croisent un flic érudit dont la suffisance intellectuelle n’a d’égale que son aversion pour le crime, un directeur despotique dont les règles frisent la démence, et des chercheurs à l’esprit alambiqué. Dans la lignée de David Lodge, Joseph Connolly et Donald Westlake, Le linguiste était presque parfait nous entraîne au pays bizarre de la double négation et de l’énoncé performatif, où l’humour le dispute à la tragédie.


Le garçon incassable – Florence Seyvos


Lorsque la narratrice arrive à Hollywood pour y effectuer une recherche biographique sur Buster Keaton, elle ne sait pas encore que son enquête va bifurquer dans une direction très personnelle, réveillant le souvenir d’Henri, ce frère « différent » qui l’a accompagnée pendant toute son enfance. Quel rapport entre ce garçon dont le développement mental s’est interrompu, et le génie comique qui deviendra l’un des inventeurs du cinéma ? Henri semble perpétuellement ailleurs. Encombré d’un corps dont il ne sait que faire, il doit subir la rééducation musculaire quotidienne que lui impose son père, et qui ressemble à une suite ininterrompue de tortures. Joseph Frank Keaton Jr, dit « Buster », naît un siècle plus tôt dans une famille de saltimbanques dont il devient bientôt la vedette, lorsque son père découvre qu’il semble insensible à la douleur. En effet, Keaton père a inventé un numéro de music-hall dans lequel son fils est soumis à une série de chocs extrêmement violents tout en gardant un visage impassible. De cette enfance maltraitée naîtra, des années plus tard, une œuvre cinématographique où le burlesque se mêle à une poésie d’une infinie subtilité.


" Ne deviens jamais vieux" - Daniel FRIEDMAN

 

Memphis. Buck Schatz tombe des nues lorsqu’il apprend que son ennemi juré, Heinrich Ziegler, incarnation du mal absolu, n’est pas mort en Russie comme il l’avait toujours cru. Quelques années plus tôt, il aurait certainement entrepris toutes les démarches possibles pour retrouver Ziegler. Mais si Buck est une légende de la police, celui qui, dit-on, à servi de modèle à Clint Eastwood pour L’inspecteur Harry, il a aujourd’hui 87 ans et profite d’une retraite qui lui permet de jouir en paix de ses deux principaux plaisirs : fumer ses cigarettes et assassiner son entourage de ses traits d’humour cinglants.

Toutefois il y a des réflexes qui ont la peau dure, et lorsque Buck décide malgré tout de ressortir son 357 magnum et d’aller fouiller cette étrange histoire, il est loin d’imaginer les dangers auxquels il s’expose. Mais si Buck n’a plus vraiment le physique de l’emploi, il a maintenant un style propre à désarmer le plus acharné des adversaires.

 

 

 

Le Peintre d’éventail – Hubert Haddad - Prix Louis Guilloux 2013

 

C’est au fin fond de la contrée d’Atôra, au nord-est de l’île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique, se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques. Attenant à l’auberge se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s’attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d’éventail. Il devient le disciple dévoué de maître Osaki.

Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du Zen, en attendant d’autres bouleversements…

Avec le Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d’initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce.

 

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                                    Et pour les ados à partir de 15 ans


Brise glace  - Jean-Philippe BLONDEL


Aurélien, nouveau dans son lycée, est du genre solitaire qui n’aspire qu’à se fondre dans le décor. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s’intéresser particulièrement à lui ; il convainc même Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, Aurélien arrive enfin à faire craquer la glace qui l'enserre ; il commence à se libérer du poids d'un passé douloureux.

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